Rideaux baissés, vitrines vides : la désertification des centres-villes n’est plus un sentiment, c’est un chiffre. Le gouvernement a dévoilé un plan pour soutenir le commerce de proximité, avec des financements concrets pour les boutiques indépendantes et les rues commerçantes en difficulté.
Un taux de vacance qui grimpe dans les centres-villes
Selon la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts), le taux de vacance commerciale atteint désormais 10,64 % dans les centres-villes et dépasse 16 % dans les galeries marchandes. Le secteur a perdu environ 50 000 emplois en dix ans, même si la restauration fait figure d’exception avec 100 000 créations de postes entre 2019 et 2024. Plusieurs enseignes historiques de prêt-à-porter ont disparu ces dernières années, comme Camaïeu, Kaporal, Jennyfer ou Naf-Naf, symboles d’un secteur sous pression.
La consommation des ménages a reculé de 0,4 % en 2024, tandis que le taux d’épargne des Français est passé de 14 % en 2019 à 19 % en 2025. Autre évolution de fond : le commerce en ligne pèse désormais 15 % du commerce national, et les plateformes numériques captent 22 % des colis livrés en France, contre 5 % il y a cinq ans.
Neuf mesures, trois axes de travail
Le plan gouvernemental s’articule autour de neuf mesures réparties en trois axes : financer la redynamisation des centres-villes, soutenir les commerçants et artisans, et développer l’activité dans les territoires les plus fragiles.
- Un engagement de 350 millions d’euros sur cinq ans de la Banque des Territoires pour accompagner les projets commerciaux locaux.
- 100 millions d’euros supplémentaires mobilisés en 2026 pour les foncières de redynamisation, qui rachètent et réhabilitent les locaux vacants.
- 20 millions d’euros pour financer des postes de managers de commerce dans les territoires fragiles.
- Un fonds de restructuration des locaux commerciaux, dont le besoin annuel est estimé à 20 millions d’euros.
- Une taxe provisoire sur les petits colis importés (minimum 2 euros par colis de moins de 150 euros), pensée pour rééquilibrer la concurrence avec les plateformes en ligne — dans le même esprit que le malus déjà instauré contre la mode ultra éphémère.
Un rapport remis en novembre, une annonce à Saint-Quentin
Ce plan découle d’un rapport remis le 5 novembre 2025 aux ministres chargés du Commerce, Serge Papin, et de la Ville, Vincent Jeanbrun. Il a été rédigé par trois rapporteurs aux profils complémentaires : Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin, Dominique Schelcher, PDG de la coopérative U, et Antoine Saintoyant, directeur à la Banque des Territoires. Les mesures ont été officiellement présentées le 7 novembre 2025, à Saint-Quentin.
Le calendrier n’est pas neutre : à l’approche des élections municipales de 2026, la revitalisation des centres-villes figure parmi les priorités citées par les Français, aux côtés du soutien au commerce de proximité.
Ce que ça change concrètement pour les commerçants
Pour un artisan ou un petit commerçant, ces mesures se traduisent par un accès facilité à des locaux réhabilités à loyer maîtrisé, un accompagnement local via les managers de commerce, et un cadre de concurrence un peu plus équilibré face aux plateformes étrangères. Ces annonces s’ajoutent à d’autres évolutions réglementaires qui concernent déjà les professionnels du commerce et des services à domicile, comme les nouvelles règles d’affichage des prix imposées aux artisans à domicile ou encore l’obligation, pour tout commerce de détail, de disposer d’une caisse enregistreuse certifiée.
Reste à savoir si ces financements suffiront à inverser une tendance installée depuis plus de dix ans. Les prochains mois, marqués par la campagne des municipales, devraient permettre de mesurer l’appropriation locale de ces outils par les élus et les commerçants eux-mêmes.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier des aides aux foncières de redynamisation ?
Ce sont principalement les collectivités locales et les opérateurs qui rachètent des locaux vacants pour les réhabiliter et les relouer à des commerçants, notamment dans les centres-villes fragilisés.
Pourquoi une taxe sur les petits colis importés ?
Elle vise à limiter l’avantage de prix des plateformes étrangères qui expédient un très grand nombre de colis de faible valeur, jugé déloyal pour les commerces physiques soumis à d’autres charges.
Ce plan concerne-t-il toutes les communes ?
Les mesures ciblent en priorité les centres-villes et les territoires fragiles, mais les dispositifs de financement s’inscrivent dans la continuité de programmes déjà déployés plus largement, comme Action Cœur de Ville.
Sources
- Banque des Territoires — Trente propositions pour relancer le commerce de proximité
- Direction générale des Entreprises — Neuf mesures retenues pour le commerce de proximité
- Bpifrance Création — Neuf mesures en faveur du commerce de proximité
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale





