Derrière chaque requête envoyée à une intelligence artificielle se cache une facture énergétique bien réelle. Selon la dernière enquête annuelle de l’Arcep, l’autorité française des télécoms, la consommation électrique des data centers français a bondi en 2024, entraînée par la montée en puissance de l’IA. Un phénomène appelé à s’accélérer dans les années qui viennent.

Une consommation électrique en forte hausse

D’après l’enquête Arcep « Pour un numérique soutenable », les 160 centres de données étudiés ont consommé 2,7 térawattheures d’électricité en 2024, soit une progression de 12 % en une seule année. Sur quatre ans, la hausse cumulée atteint 35 %. Les émissions de gaz à effet de serre associées à ces infrastructures ont, elles, bondi de 23 % sur la même période, pour atteindre 178 000 tonnes de CO₂ : l’équivalent de l'empreinte carbone annuelle de 22 000 Français.

Cette envolée s’explique en grande partie par les modèles d’IA, qui tournent sur des processeurs graphiques très énergivores. Ils consomment davantage d’électricité que des serveurs classiques et dégagent plus de chaleur, ce qui alourdit aussi les besoins de refroidissement des sites.

Des projections qui inquiètent les régulateurs

Les scénarios pour la décennie à venir divergent selon les organismes, mais convergent tous vers une même tendance : une explosion de la demande électrique. L’Ademe évoque une consommation des data centers français multipliée par 3,7 d’ici 2035. RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, avance une fourchette plus large encore, entre une multiplication par quatre et par huit sur la même période. Cette pression nouvelle sur le réseau interroge directement la manière dont la France doit dimensionner sa production électrique dans les années à venir.

Cette explosion des besoins n’est pas sans lien avec un autre phénomène déjà documenté : la hausse des prix de certains appareils connectés directement liée aux coûts de l’IA, les fabricants répercutant une partie de leurs charges d’infrastructure sur les consommateurs.

Des pistes pour limiter l’impact

Face à cette hausse, plusieurs solutions concrètes existent déjà. Certains opérateurs travaillent notamment sur la récupération de la chaleur dégagée par les serveurs pour chauffer des logements ou des équipements publics à proximité, comme l’expliquait déjà Yves Wespisser à propos de la valorisation thermique des data centers. Cette stratégie s’inscrit plus largement dans les objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone qui doit transformer la France d’ici 2050, un enjeu qui dépasse largement le seul secteur du numérique et touche à l’ensemble de la politique environnementale du pays.

Pour les ménages, cette tendance de fond a aussi des répercussions concrètes sur le prix de l’électricité et le débat plus large autour de la sobriété numérique, un sujet qui rejoint les enjeux de l’économie du quotidien.

  • 2,7 TWh consommés par les data centers français étudiés en 2024 (+12 % en un an)
  • +35 % de consommation cumulée sur quatre ans
  • 178 000 tonnes de CO₂ émises, +23 % en un an
  • Multiplication par 3,7 à 8 de la consommation projetée d’ici 2035 selon l’Ademe et RTE

Questions fréquentes

Pourquoi l’intelligence artificielle consomme-t-elle autant d’électricité ?

Les modèles d’IA s’appuient sur des processeurs graphiques très puissants, qui consomment beaucoup plus d’énergie que les serveurs informatiques classiques et nécessitent un refroidissement renforcé.

La consommation des data centers va-t-elle continuer à augmenter ?

Oui, selon l’Ademe et RTE, la consommation électrique des data centers français pourrait être multipliée par 3,7 à 8 d’ici 2035, en raison notamment du développement de l’intelligence artificielle.

Existe-t-il des solutions pour réduire cet impact ?

Plusieurs pistes sont explorées, comme la récupération de la chaleur des serveurs pour chauffer des bâtiments ou l’amélioration continue de l’efficacité énergétique des infrastructures.

Sources

Arcep — Ademe Infos — Usine Digitale

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale