Le gouvernement français hausse le ton face au trafic d’espèces sauvages. Le 27 août 2026, à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières comme sur les plateformes numériques. Un signal fort adressé à une criminalité qui pèse chaque année plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’échelle mondiale.
Un plan présenté à Roissy, dans la continuité d’un engagement de juillet
L’annonce ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans la continuité du plan d’action pour la protection des animaux, dévoilé le 28 juillet par le Premier ministre Sébastien Lecornu. En choisissant Roissy-Charles-de-Gaulle, premier point d’entrée aérien du pays, pour son déplacement, le ministre a voulu marquer les esprits : c’est bien aux frontières, autant physiques que numériques, que se joue désormais la lutte contre la criminalité environnementale.
Le trafic ne se limite plus à la seule viande de brousse, longtemps identifiée comme la priorité des services douaniers. Le ministère élargit le champ d’action de son groupe de travail interministériel pour englober également le commerce illégal d’ivoire et, de façon croissante, la vente en ligne d’animaux et de produits issus d’espèces protégées.
Des mesures concrètes, des voyageurs aux plateformes en ligne
Le communiqué du ministère détaille une série de mesures qui doivent entrer en application dans les prochains mois :
- l’inscription de la lutte contre les trafics d’espèces sauvages parmi les priorités nationales de contrôle ;
- le lancement d’une mission d’inspection chargée de traquer les annonces illicites publiées sur internet ;
- le déploiement de cinq pôles spécialisés dans l’application de la convention CITES sur le territoire ;
- la publication, sous trois mois, d’un décret instaurant une « liste positive » des animaux non domestiques dont la détention sera autorisée ;
- un renforcement des critères d’attribution des permis d’importation de trophées de chasse.
Sur le terrain, la mise en œuvre reposera sur les douanes, la gendarmerie, l’Office français de la biodiversité (OFB) ainsi que le CGAAER-IGEDD, mission d’inspection générale rattachée aux ministères concernés. Le ministre a résumé l’objectif en une formule : « responsabiliser l’ensemble de la chaîne, des voyageurs aux plateformes en ligne ». Un chantier loin d’être anodin, tant la modération des contenus sur internet reste, plus largement, un défi pour les autorités comme pour les particuliers, ainsi que le montre la difficulté bien connue à faire retirer un contenu personnel publié en ligne.
Un trafic mondial estimé à 20 milliards de dollars par an
Les chiffres cités par le ministère donnent la mesure de l’enjeu : le trafic mondial d’espèces sauvages générerait environ 20 milliards de dollars de revenus chaque année, ce qui en fait l’un des trafics les plus lucratifs après la drogue et la contrefaçon. Rien qu’en France, l’administration traite quelque 160 000 dossiers liés à la convention CITES chaque année, un volume qui illustre l’ampleur des échanges – légaux et illégaux – d’animaux et de plantes protégés entrant ou sortant du territoire.
Cette mobilisation s’ajoute à d’autres efforts de préservation déjà engagés en France, comme celui mené depuis un demi-siècle dans la réserve naturelle des Sept-Îles, où la protection des oiseaux marins a permis à plusieurs colonies de se reconstituer. Elle rappelle aussi que la biodiversité reste fragile face à de multiples pressions : d’autres espèces, comme les insectes auxiliaires des cultures, voient déjà leur population fragilisée par le réchauffement climatique. Plus largement, cette annonce s’inscrit dans le débat récurrent sur le score environnemental de la France et sur la cohérence de ses politiques de protection de la nature.
Foire aux questions
Quelles espèces sont visées par ce trafic ?
Le plan cible en priorité la viande de brousse, le commerce d’ivoire et la vente en ligne d’animaux ou de produits dérivés d’espèces protégées par la convention CITES.
Qui est chargé de faire appliquer les nouvelles mesures ?
La mise en œuvre repose conjointement sur les douanes, la gendarmerie, l’Office français de la biodiversité et le CGAAER-IGEDD, appuyés par cinq pôles CITES spécialisés.
Quand le décret sur la « liste positive » doit-il paraître ?
Selon le communiqué du ministère de la Transition écologique, ce texte encadrant la détention d’animaux non domestiques est attendu dans un délai de trois mois.
Sources
- Ministère de la Transition écologique – communiqué de presse, 27 août 2026
- Actu-environnement – Trafics d’espèces sauvages : le gouvernement annonce un renforcement des contrôles
- Parole d’Animaux – Espèces sauvages : le gouvernement annonce des mesures de lutte contre les trafics
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale





